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Les Priapiques

Cum cunno mihi mentula est vocanda.

Le déni (suite)

Je discutais avec lui sur un site de rencontre depuis quelques semaines. Le courant passait bien entre nous, alors quand il m’a dit : « Je suis dans mon lit devant un porno, mes parents ne sont pas là, la maison est vide, tu veux me rejoindre ? », j’ai accepté. Il m’a donné son adresse, m’a dit d’entrer directement, que la porte n'était pas fermée, que le chien n’était pas méchant, que sa chambre se trouvait à l'étage. Trente minutes plus tard, j’étais à poil sous sa couette devant un porno des pays de l’Est.

Alors que mes mains découvraient de jolis abdos imberbes, il me glissa : « Dis donc, le temps que tu arrives, j’ai discuté avec un autre mec et je lui ai dit de venir aussi, ça ne t’embête pas ? » Oh ben non, au contraire, tu penses. Une dizaine de minutes plus tard, nous nous serrions à trois dans le lit. À l'écran, un blondinet avec une queue énorme se faisait démonter par un autre minet dans une usine désaffectée.

Monsieur n°3 et moi avons caressé, embrassé, massé, branlé, sucé notre hôte pendant toute la durée du film, qu'il continuait à mater du coin de l'œil. Après une heure et demi de nos petites attentions et malgré toute l'aide des studios EuroCreme, il n'avait toujours pas joui. Certains mecs sont endurants, mais là, on commençait tout de même à se lasser un peu… D'autant plus qu'il n'exprimait rien, ni plaisir, ni déplaisir, ni encouragement, ni demande particulière. (Les mecs qui ne gémissent pas quand on les suce, cette plaie infernale.) Quand soudain il nous repoussa et déclara : « Non mais les gars, arrêtez, je n'y arriverai pas. Le problème c'est que je suis hétéro, en fait. »

Un hétéro qui traine sur des sites de rencontres entre hommes pour inviter deux mecs dans son lit à regarder un porno gay. Oui, bien sûr, tout à fait logique. Ça m’attriste tellement ces garçons à la sexualité insatisfaite parce qu’ils découvrent soudain qu’ils sont ce qu’on leur a appris à détester…

Après un coup pareil, Monsieur n°3 et moi nous sommes rhabillés quelque peu frustrés. Je lui ai proposé d'aller chez moi pour terminer la soirée entre nous. Il a accepté. Deux heures plus tard, nous nagions dans les endorphines, les capotes usagées et les flacons de lubrifiant vides. Un petit plaisir simple, direct, efficace. Auquel je n’aurais pas pu accéder dix ans plus tôt.

Parce que dix ans avant cette histoire, c’est moi qui étais dans le déni.

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Un commentaire


Commentaires

1. Tto – le 13/11/2013 à 13:06 – #
Ton récit, toujours aussi bien écrit, démontre à chacun que nul n'a l'exclusivité de tomber sur des garçons qui n'assument pas leurs désirs. On les regroupe (trop facilement) dans la catégorie des "mythos" alors qu'en réalité, ils sont clairement dans ce déni dont tu parles, ce même déni qui les pousse à ne pas aller au bout de ce qu'ils ont allumé. Ici un hétéro qui fait preuve de curiosité mais est épouvanté par les projections que cela implique au regard de son éducation, ici un homme marié qui s'ennuie, ici un indécis qui se demande si c'est une bonne idée d'aménager avec sa copine la semaine prochaine, ici un musulman que les hormones rendent dingue ... Oui, on a tous croisé des garçons prisonniers de ce déni. Je ne les plains pas parce que je veux croire qu'un jour ils se rendront compte en mettant à profit le temps d'une certaine réflexion (comme toi, manifestement). Le temps fait toujours son oeuvre. En attendant, tout le monde n'a pas forcément eu la chance d'avoir sous la main un troisième larron suffisamment appétissant pour continuer à jouer alors qu'un participant déclare forfait alors que bon ... Ah ça non, on n'a pas toujours une bite de secours sous la main !

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