J’avais rencontré Rehan sur un quelconque site de cul. Il m’avait dit : « Je ne cherche pas de contact physique, seulement un mec un peu exhib et obéissant. » Ces deux qualités m’ayant semblé tout à fait correspondre à mes compétences et n’ayant rien de mieux à faire ce soir-là, j’avais accepté une rencontre.

Rendez-vous à minuit sur la place du marché. Je n’eus aucun mal à le repérer, seul dans sa Clio sur le parking désert, le visage faiblement éclairé par l’écran de son téléphone portable. « Viens, je connais un endroit. » me lança-t-il à travers la vitre passager entrouverte. Je m’installai à bord et nous nous mîmes en route. Échange de banalités. Quelques minutes plus tard, il stoppait son véhicule au milieu d’un immense champ agricole. Astucieux ! Habituellement, pour ce genre d’activité, on recherche plutôt la discrétion qu’offrent les chemins forestiers, les parkings souterrains, les buissons, les toilettes publiques… Mais à bien y réfléchir, un champ plat et dégagé à perte de vue est tout aussi adapté : les passants sur la route au loin ne pouvaient pas voir ce que nous faisions, tandis que nous repérerions facilement tout curieux tentant d’approcher.

Nous basculâmes légèrement les dossiers des sièges pour être à l’aise, puis il commença à m’expliquer ce qu’il voulait. « Enlève ta ceinture. Ouvre ta braguette. Tu as un boxer ? Ah oui, très bien. Glisse ta main à l’intérieur. Fais grossir ta queue. Je veux voir le tissu gonfler. Voilà comme ça. J’adore. Maintenant baisse un peu ton boxer. Branle-toi. Plus doucement. Non, ne mets pas ta main là, je veux voir tes couilles. Oui comme ça plutôt. Continue. » Et ainsi de suite.

Tout en me pliant à ses caprices, j’observais l’entrejambe de Rehan du coin de l’œil. De toute évidence je lui faisais de l’effet et de fait, il ne tarda pas à sortir sa queue lui aussi. Il se pencha pour extraire un petit flacon de gel du vide-poches, s’enduisit la main gauche de lubrifiant et commença à se branler. Voir ce beau mâle s’astiquer à quelques centimètres de moi sans pouvoir le toucher était aussi frustrant qu’excitant. Je redoublais d’application, m’attachant à obéir scrupuleusement à la moindre de ses volontés.

Je n’eus aucun mal à jouir lorsqu’il m’ordonna de le faire. La vue du sperme décupla son excitation : sa queue se raidit soudain et il éjacula quelques secondes après moi.

Sur le trajet du retour, il m’apostropha.

— Je ne suis pas pédé, tu sais.
— Je n’ai jamais dit que tu l’étais.
— Non, je précise, parce que je ne voudrais pas que tu te fasses des idées sur mon compte. Je n’ai jamais couché avec un mec, moi. Je regarde juste. Tu as vu ? Je ne t’ai pas touché, tu ne m’as pas touché. Jamais de contact. Je regarde juste. Je suis 100 % hétéro, mon pote.
— Tu fais comme tu veux, ça ne me pose aucun problème.

Nous étions de retour sur la place du marché. J’abandonnai Rehan à ses certitudes rassurantes et m’en retournai récupérer ma voiture.

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