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Les Priapiques

Cum cunno mihi mentula est vocanda.

Nike

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Sur la route

Nous devions acheminer une tonne et demi de matériel chez des clients répartis un peu partout en France. Habituellement, pour ce genre de mission, nous faisions appel à un transporteur ; mais pour des raisons mystérieuses, le patron avait décidé que cette fois-ci, nous louerions un utilitaire genre Renault Trafic et nous chargerions nous-même de la livraison. Moi qui adorais « faire la route », je m’étais porté volontaire.

L’autre chauffeur désigné pour le voyage était Charlie, le mari d’une collègue. Un gars charmant et sympa, avec un look de bad boy qui faisait fantasmer les filles et les garçons sensibles de tout le service chaque fois qu’il passait chercher sa femme à la sortie du bureau ; mais je partais sans arrière pensée. Charlie était marié et nous connaissions tous sa femme : on ne pouvait pas faire plus hétéro. D’ailleurs, nous roulions depuis à peine quinze minutes qu’il me parlait déjà de sa petite famille. Je suppose que c’était sa façon de briser la glace en prévision des trois jours que nous allions passer ensemble ; mais c’était aussi le genre de bavardage qui moi, homo bien planqué à cette époque, me mettait mal à l’aise. J’éludai le sujet d’un vague « oh tu sais moi je suis célibataire ».

Jour 1. Auxerre, Beaune, Mâcon, Lyon… Les kilomètres défilaient, la conversation roulait. Était-ce l’effet de la distance grandissante entre lui et sa femme ? À ma grande surprise, mon compagnon de voyage commença à accumuler les comportements ambigus à mon égard. Pourquoi donc, lorsque c’était mon tour de conduire, s’asseyait-il sur le siège du milieu, juste à côté de moi, plutôt que sur le siège de droite, contre la portière passager, comme aurait fait n’importe qui ? Pourquoi ce faisant, sa cuisse était-elle toujours placée de telle sorte que j’étais obligé de la frôler pour passer les vitesses ? Pourquoi éprouvait-il souvent ce besoin de me toucher quand il me parlait ? Pourquoi insista-t-il pour qu’on ne prenne qu’une seule chambre à l’hôtel, alors qu’il était prévu que nous prenions des chambres séparées ? Et pourquoi prenait-il sa douche avec la porte de la salle de bain ouverte ?

Parfois, je me disais que mes hormones me jouaient des tours, que j’interprétais tous ses gestes de travers. Je trouvais des explications rationnelles. Peut-être s’asseyait-il au milieu parce qu’il préférait être bien en face de la route. Peut-être était-il tactile et exhibitionniste avec tout le monde. Peut-être se souciait-il réellement du budget de l’entreprise lorsqu’il proposait d’économiser le prix d’une chambre d’hôtel. Et puis j’étais certain qu’il était hétéro, il était donc impossible qu’il me drague ! L’instant d’après, je me disais au contraire que je ne rêvais pas et que l’accumulation de tous ces indices formait quand même un faisceau d’indices sacrément convergent. Il fallait que je sache.

Jour 2. Clermont-Ferrand, Limoges… Nos livraisons en Rhône-Alpes étaient terminées et nous roulions maintenant vers la côte Atlantique. L’A89 n’était pas encore construite à cette époque et traverser la France d’est en ouest était laborieux. Les petites nationales succédaient aux petites villes et les villages succédaient aux départementales. À la sortie d’un de ces hameaux justement, un auto-stoppeur me donna l’occasion d’une attaque assez directe : je glissai que nous aurions pu nous arrêter pour le prendre au prétexte qu’il « était bien mignon ». Charlie ne releva pas. Un peu plus tard, alors que nous traversions le plateau de Millevaches, je lui fis remarquer que c’était typiquement le genre d’endroit désertique et grandiose où devaient se retrouver les garçons du coin à la nuit tombée pour faire des galipettes dans les fourrés. Aucune réaction non plus.

Ce n’était guère étonnant. Au pire, il n’avait pas compris mes allusions. (La candeur des hétéros est parfois désarmante.) Au mieux, il avait intégré que j’aimais les garçons et cette information n’exigeait effectivement pas une réponse immédiate de sa part. C’était plutôt un indice que je lui laissais pour lui signifier : « j’ai l’impression que tu me dragues mais que tu hésites, alors voilà, maintenant tu sais que je suis homo, soit tu veux qu’il se passe quelque chose et la balle est dans ton camp, soit tu ne veux pas et tu arrêtes de me chauffer pour rien ! »

La balle était dans son camp mais hélas, il ne la saisit pas au bond. Le soir à l’hôtel, rien ne se passa. Est-ce qu’il n’avait pas compris ? Est-ce que comme moi, il n’osait pas franchir le pas, de peur de s’être trompé, d’avoir mal interprété les allusions et les comportements de l’autre ? Deux garçons homosexuels qui n’osaient pas s’avouer leur attirance, chacun par crainte que l’autre soit homophobe et réagisse mal ; tellement classique et à la fois tellement triste…

Jour 3. Bourges, Vierzon, Orléans… Notre périple touchait à sa fin. Nous étions à moins de cent de kilomètres de Paris. Il me restait une heure pour percer le mystère. Une pause sur une aire d’autoroute allait m’en donner l’occasion.

Je m’étais garé à l’écart de la station service, dans la zone réservée aux poids-lourds. Il faisait nuit et sur ce parking où pour respecter le sommeil des routiers, l’éclairage était quasiment absent, nous distinguions à peine nos propres mains. Comme à son habitude, Charlie était assis sur le siège central. C’était son tour de conduire mais épuisé par ces trois derniers jours, il s’assoupit rapidement ; je le laissai dormir. Après tout, nous n’étions pas pressés. J’entrouvris la fenêtre, cherchai une cigarette à tâtons, l’allumai et me mis à rêvasser, regardant passer au loin les véhicules sur l’autoroute.

Le contact de la tête de Charlie sur mon épaule me tira de ma rêverie. Allons bon. Était-ce un geste inconscient dans un demi-sommeil ou une tentative désespérée, à une heure de la fin du trajet, de me faire enfin comprendre qu’il voulait aller plus loin ? J’hésitai quelques instants sur la réaction à avoir, puis dans le doute, et peut-être aussi par jeu, je décidai de répondre par un geste tout aussi ambigu que le sien : je fis mine de m’étirer, de chercher une meilleure position sur mon siège et de m’endormir ; ce faisant, le dos de ma main droite atterrit négligemment sur sa cuisse gauche. Le contact de son jogging en coton, la chaleur de sa peau m’électrisèrent.

Charlie, lui, ne réagit pas. Soit il dormait et ne s’était rendu compte de rien ; soit il me donnait son accord tacite pour continuer. J’optai aussitôt pour la seconde option. Je retournai ma main, paume contre sa cuisse, et la remontai légèrement vers son entrejambe. Un peu. Puis un peu plus. Puis encore davantage. C’est alors que mes doigts découvrirent qu’il bandait.

Il ne dormait donc pas ! Depuis trois jours, c’était bien la première fois que je parvenais à décrypter avec certitude les désirs de Charlie… Il continuait néanmoins à faire mine de ne s’apercevoir de rien. Aucune importance, ce petit jeu me convenait parfaitement !

Toujours sans rien dire, puisque c’était ce qui semblait l’amuser, je laissais courir mes doigts le long de la bosse que formait sa queue à travers le tissu. Il ne semblait pas porter de sous-vêtement ; il avait sans doute prémédité son coup… Je me fis plus précis dans mes mouvements, alternant les simples caresses et les pressions plus appuyées, mais toujours en évitant soigneusement ce que je devinais, à tâtons dans l’obscurité, être son gland. Parfois sa respiration se bloquait quelques instants et alors sa queue se raidissait davantage. Nous étions passés de la drague, avec tout ce que cela peut comporter d’incertitude et d’espoirs, au sexe. L’hypothétique, espéré depuis trois jours, était devenu inexorable. Et c’était bon.

À la façon dont s’était comporté Charlie jusqu’à présent et sachant qu’il était marié, j’étais plus enclin à voir en lui quelqu’un qui recherchait quelques caresses viriles « entre potes » plutôt qu’un baiseur débridé. Je décidais de lui offrir ce qu’il voulait. Toujours aussi lentement et toujours sans dire un mot, je glissai ma main sous l’élastique de son jogging et me faufilai parmi les poils. La peau était moite. Je saisis doucement son sexe. Il mouillait beaucoup. Je plaçai mes doigts autour de son gland et profitant de ce lubrifiant naturel, j’entrepris de petits mouvements rotatifs de mon pouce sur son frein. La respiration de Charlie se fit plus bruyante. Je remarquai soudain que les vitres du Renault Trafic s’étaient couvertes de buée.

Pendant de longues minutes je jouai avec son frein, variant la pression ou la vitesse au gré de mon humeur, ralentissant lorsque je le sentais venir et reprenant de plus belle lorsque je le sentais s’éloigner. Parfois, je lâchai son gland quelques secondes pour laisser un doigt courir autour de sa couronne, descendre le long de sa verge, jusqu’à la zone très sensible située entre les testicules et de la cuisse ; puis je revenais inlassablement à mon obsession première : son frein. Tout l’être de Charlie, toutes ses pensées, toute son attention étaient maintenant concentrés dans les quelques centimètres carrés de peau qui s’étendaient à l’arrière de sa queue, de la base à l’extrémité de son gland ; et c’était entièrement le fait de ma volonté. Je jouissais d’avoir ce pouvoir sur lui. Je pouvais le rendre fou de frustration et obtenir de lui tout ce que je voulais en un instant : il me suffisait de retirer ma main. Il était sous mon contrôle.

Enfin je décrétai que le jeu avait assez duré ou plutôt, qu’il ne pourrait plus l'endurer très longtemps. Je le fis venir de quelques caresses plus lentes et plus appuyées. Dans un râle à peine perceptible, il se répandit en jets puissants et saccadés.

J’ôtai ma main de son jogging et m’allumai une nouvelle cigarette. Charlie n’avait toujours pas dit un mot. Je mis le contact, démarrai le moteur, essuyai la buée sur le pare-brise, allumai les feux de croisement. Nous reprîmes la route. Dans la cabine flottait l’odeur caractéristique du sperme.

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Au grenier (2)

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Au grenier (1)

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Briques

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VHS

De nos jours, chacun peut trouver en abondance et à volonté son porno favori. Mais à l’époque, les sources d’approvisionnement étaient rares et incertaines. Tel ami avait un grand frère qui planquait sous son lit des cassettes vidéo à la provenance obscure, tel autre avait des parents abonnés à Canal+ et pouvait enregistrer discrètement le porno du samedi soir, tel autre bossait parfois dans un vidéo club où il pouvait emprunter des films pour adultes… Il ne fallait pas être trop exigeant. C’était porno hétéro des années soixante-dix ou rien. Faute de grives, je mangeais des merles de la chatte.

Atterrit un jour en ma possession, je devais avoir dix-neuf ans, une vidéo faite d’une succession de courtes scènes de fellations probablement extraites d’autres films du même producteur, un truc à mi-chemin entre le best of et le spot publicitaire géant. J’ai accroché immédiatement. D’abord, la pipe, c’est en plein cœur de mon champ onanique. Ensuite, cette compilation présentait l’avantage de montrer un assez grand nombre d’acteurs et d’ambiances, à l’inverse des pornos classiques où il fallait se taper douze scènes de cul quasiment identiques avec les trois mêmes acteurs. Enfin et surtout, il y avait aux deux tiers du film environ, un Black magnifique qui se faisait sucer, debout, les poings sur les hanches, viril et triomphant, au milieu d’un pré verdoyant.

Tu sais, parfois tu te promènes dans un musée, il y a plein de jolis tableaux mais l’accumulation finit par être un peu écœurante, tu ne sais plus trop où regarder, tu commences à t’ennuyer et soudain, le hasard te mène devant cette toile et tu restes scotché devant, en extase. L’irruption de ce jeune et beau métis, après une heure de moustachus entre deux âges comme seul le cinéma pour adulte des années soixante-dix savait en offrir, c’était ça. La mer qui apparaissait à l’horizon après des heures d’autoroute quand tu partais en vacances, le premier week-end ensoleillé que tu passais au parc à pique-niquer après un long hiver ; le truc joyeux qui réanimait instantanément en toi intérêt et érection après un long tunnel de fellations convenues.

Mais si cette scène d’à peine quatre minutes dégageait une puissance érotique formidable, elle possédait aussi une particularité incroyablement frustrante : on ne voyait jamais la bite du mec. Les plans de dos révélaient les jolies fesses de l’acteur, les plans de face montraient la nuque de la fille ; quant aux rares plans de profil, le seul où la vue n’était pas bouchée par un buisson ou un bout de vêtement ne durait qu’une fraction de seconde et tombait pile-poil (tu ne vas pas le croire) au moment où le sexe du monsieur disparaissait entièrement dans la gorge de la demoiselle. Comment un cadreur et un réalisateur avaient-il pu produire une telle hérésie ? Une scène de fellation où l’on ne voyait jamais le moindre bout de bite ! Et pourtant. La recette était efficace : j’ai dû voir et revoir cette pipe champêtre un bon millier de fois.

Hélas, à passer et repasser ainsi sur la tête de lecture, la bande magnétique s’usait inexorablement. Petit à petit la scène se couvrit de neige et de larges bandes blanches horizontales ; puis l’image se mit à sauter, d’abord un peu, puis de plus en plus, rendant toute lecture impossible. L’usure fut encore aggravée par le ralenti et la touche pause dont j’abusais particulièrement à cet endroit. Quelle tristesse de savoir que ma scène porno favorite s’effaçait chaque fois un peu plus au point que je devrais un jour m’en passer ! Quelques années plus tard, à force de frotter sur le mécanisme de lecture, l’excitante fellation n’était plus que poussière d’oxyde de chrome au fond du magnétoscope et la cassette fut bonne à jeter.

Je ne saurais jamais à quoi ressemblait la bite de l’acteur porno qui m’a le plus fait fantasmer de toute ma vie. Mais finalement, est-ce si grave ?

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Voisinage

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Dix choses sur la fellation

1. J’avais 17 ans la première fois que je me suis fait sucer, c’était à une fête après une manif étudiante contre le projet de loi Devaquet, j’étais tellement défoncé que je n’en garde (presque) aucun souvenir. J’avais 24 ans la première fois que j’ai sucé un mec, je l’avais rencontré sur le Minitel 3614 BH2 et je n’oublierai jamais le goût salé de sa bite. Pourquoi sept ans d’écart ? Parce qu’entre les deux je n’avais connu que des filles, ce qui techniquement pose un problème pour sucer.

2. Une partie de la version studio de You’re Lost, Little Girl des Doors a été enregistrée alors que le chanteur Jim Morisson se faisait sucer par sa copine. Après de nombreuses prises décevantes, c’est la façon qu’a finalement trouvé le producteur pour obtenir la voix douce qu’il voulait sur cette chanson.

3. Je pourrais te raconter que je suce comme un dieu, tous les pédés prétendent sucer comme des dieux. Mais la réalité est que je n’en sais foutrement rien vu que je n’ai jamais baisé avec moi-même. En fait, j’ai souvent constaté que les mecs qui se vantent le plus d’être des pros de la suce sont aussi ceux qui sucent le moins bien. Ou du moins pas comme j’aime. Je préfère donc m’abstenir de me vanter de quoi que ce soit.

4. En 1964, Andy Warhol réalise un court-métrage intitulé Blow Job. Tu peux y voir pendant trente cinq minutes le visage de l’acteur DeVeren Bookwalter en gros plan alors qu’il se fait sucer par un inconnu, ainsi que le montre l’image ci-dessous, extraite du film.

5. Tout comme le mot bière peut regrouper sous une même appellation des boissons complètement différentes, une variété infinie de pratiques se cachent derrière le mot fellation. La gamme s’étend du mec qui te lèche langoureusement et te suce en douceur pendant plusieurs heures, jusqu’à la grosse brute qui exige que tu fasses le marteau-piqueur dans sa bouche. Ma préférence, que ce soit comme suceur ou comme sucé, va à la première catégorie.

6. Afin de sauvegarder les bonnes mœurs, les urinoirs publics qui fleurissent à Paris à la fin du XIXe siècle sont spécifiquement conçus pour qu’il soit impossible d’y sucer quiconque. En effet, les murs qui dissimulent l’intimité des messieurs sont à dessein ouverts jusqu’à une hauteur de quatre-vingt centimètres environ, de sorte qu’une personne qui se tiendrait à genoux devant une autre serait immédiatement repérable de l’extérieur.

7. Malgré cette astucieuse disposition, certaines toilettes publiques deviennent des lieux de drague homosexuelle notoires. En 1876, le comte Eugène Le Bègue de Germiny, figure de la droite catholique parisienne, grand défenseur de la famille et de la religion aux élections législatives deux ans plus tôt, se fait griller par la maréchaussée le pantalon sur les chevilles et la bite dans un jeune ouvrier de 18 ans. La France entière est hilare.

8. Le meilleur suceur que j’aie jamais connu, un gars qui savait faire exactement ce que je voulais au moment où je le voulais sans que j’aie besoin de rien lui dire, un gars qui arrivait à me tenir au bord de, à la limite de la, pendant plusieurs dizaines de minutes, eh bien ce gars était hétéro et marié avec des enfants. Quel gâchis.

9. J’avale.

10. Enfin, sache qu’il n’est pas socialement acceptable de proposer une fellation à un inconnu croisé dans le métro. Même s’il est en jogging, même s’il a un gros paquet, même s’il te le colle à vingt centimètres du visage parce qu’il est debout dans le couloir bondé pendant que tu es assis à ta place. Et c’est la chose la plus frustrante qui existe au monde.

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Au garage

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Du péril de la non-mixité

J’ai toujours trouvé délicieusement ironique le principe de non-mixité. Vestiaires, internats, hammams, toilettes publiques… Tout est conçu pour garder les uns et les unes à bonne distance. Je comprends bien qu’il s’agit éviter que ne surviennent des circonstances susceptibles d’attiser les envies sexuelles entre hommes et femmes ; mais à vouloir ainsi sauvegarder la morale, on l’expose paradoxalement à un péril bien plus grand encore : celui d’attiser les envies sexuelles entre hommes !

Ainsi, lorsque j’étais au lycée, les passages hebdomadaires par les vestiaires du gymnase avant et après chaque cours d’éducation physique, loin d’éteindre en moi toute pulsion sexuelle, étaient plutôt de nature à mettre le feu à mes hormones adolescentes. Je préférais ces jours-là venir au lycée directement en jogging pour éviter d’avoir à me changer devant tout le monde. C’est qu’en slip, il m’aurait été difficile de camoufler l’érection qui me venait invariablement lorsque mes camarades, eux, se déshabillaient. Un jour, l’un d’eux dû percevoir mon trouble (et mes regards obliques vers son paquet) parce qu’il me lança un menaçant « alors, tu mates ? ». J’avais nié farouchement, tu penses.

Même chose à l’armée, où les dortoirs non mixtes et les visites médicales collectives, probablement innocentes dans la tête du bidasse qui avait imaginé l’organisation de la caserne, évoquaient plutôt pour moi le mauvais film porno. Je me rappelle notamment d’une éprouvante séance d’analyse d’urine, où j’avais dû pisser dans un bocal entouré d’autres mecs à poils qui tous, la bite à l’air, pissaient également dans leurs bocaux respectifs ; j’avais eu la plus grande difficulté à me concentrer sur l’opération, à convaincre mon regard de ne pas s'égarer à droite et à gauche, à convaincre ma bite de rester vers le bas.

La fin de la visite médicale d’incorporation, elle, n’était pas collective, mais individuelle. Heureusement, parce que la dernière étape consistait pour le toubib à tâter les testicules des appelés pour s’assurer que tout était bien en place. Ah, quel beau poste que celui qu’occupait ce médecin ! Voir ainsi passer devant soi toute une classe d’âge de la jeunesse française afin de vérifier qu’elle était normalement couillue… J’avais été tellement surpris, je ne m’y attendais tellement pas, que je n’avais même pas eu le temps de bander quand il m’avait baissé le slip et tâté les bourses.

Par contre, je pense que depuis, je me suis branlé un bon milliard de fois en repensant à ces quelques secondes.

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Aussie Rouge

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Random Sex Game

Lassé des parties de « Action ou Vérité ? » qui tournent court en quelques minutes parce que ton partenaire se jette sur les gages sexuels dès le premier défi ? Ajoute donc une pincée de hasard dans le jeu pour modérer ses ardeurs !

But du jeu

Le but est d’être le dernier à jouir. Chacun doit donc exciter l’autre le plus possible tout en gérant sa propre excitation.

Règles

Pour jouer, en plus d’un garçon consentant et peu farouche, il te faut deux dés à six faces et un minuteur. Le premier dé servira à tirer des gages au sort, tandis que le second servira à déterminer la durée du gage.

Avant de jouer, il convient établir une liste de six gages, triés du plus innocent au plus voluptueux. Dans l’idéal, les trois premiers se pratiquent habillés tandis que les trois derniers imposent de se dévêtir. Je propose la liste suivante, mais bien sûr, tu peux l’adapter à ton goût ou en changer l’ordre selon ta sensibilité :

1. Massage d’un pied
2. Massage du dos
3. Massage de l’entrejambe
4. Masturbation
5. Léchage du sexe (ou anulingus si tous les participants aiment)
6. Fellation

Il faut également établir une liste de six durées. Le plus simple est de partir sur 1 point du dé = 1 minute, mais si tu trouves que cela conduit à une partie trop lente qui manque de rythme, tu peux accélérer les choses en prenant 1 point = 30 secondes, par exemple.

Déroulement du jeu

On joue chacun à tour de rôle. Pour déterminer qui commence, on peut lancer chacun un dé ; celui qui obtient le plus petit score joue en premier.

Le premier joueur lance les deux dés jusqu’à trois fois de suite, afin d’obtenir la combinaison qui lui semble la meilleure. À chacun des trois lancers, il peut remettre tous les dés en jeu ou au contraire en conserver un. S’il obtient une combinaison qui le satisfait avant le troisième lancer, il peut s’arrêter.

La combinaison obtenue détermine alors ce que l’autre joueur va devoir lui faire et pendant combien de temps, suivant le barème fixé au départ. Le joueur qui a lancé les dés reste libre d’interpréter la combinaison dans le sens qui l’arrange. Par exemple, s’il tire un 6 et un 3, il peut choisir soit de recevoir un massage de l’entrejambe pendant six minutes, soit de recevoir une fellation pendant trois minutes.

L’autre joueur effectue alors le gage demandé, puis c’est à son tour de jouer. On continue ainsi jusqu’à ce qu’un des joueurs éjacule ; il a alors perdu. Pour chaque joueur, la stratégie consiste donc à jongler entre l’envie de recevoir les gages les plus agréables et l’envie de gagner, c’est-à-dire l’impératif de ne pas jouir…

Phases de jeu

Idéalement, le jeu se déroule en deux phases : une première partie habillée et une seconde dévêtue. Cela permet de créer une progression dans la tension sexuelle et de ne pas attaquer directement par une pipe de six minutes.

Dans la première phase de jeu, seul les gages n°1 à n°3 sont autorisés. C’est-à-dire que si un joueur ne parvient pas à avoir au moins un dé inférieur ou égal à 3 à l’issue de ses trois lancers, il passe son tour. Dans la seconde phase du jeu, en revanche, tous les gages sont autorisés.

Le passage de la première à la seconde phase se fait selon un accord fixé entre les joueurs au début de la partie. Par exemple, on peut décider que la seconde phase commence après que chacun a joué cinq fois ; ou bien après trente minutes de jeu ; ou bien encore (ma variante préférée), on additionne les points obtenus à chaque tour et on décide qu’un joueur passe en phase 2 quand il a totalisé au moins 31 points.

Variantes à plus de deux joueurs

Si tu as la chance d’avoir plusieurs garçons entreprenants à ta soirée, il est tout à fait possible de jouer à plus de deux ! Il suffit de définir à l’avance l’ordre de passage de telle sorte qu’en moyenne chacun ait l’occasion de tripoter tout le monde. Par exemple, à trois joueurs, on peut partir sur l’ordre suivant :

A joue avec B
B joue avec C
C joue avec A
A joue avec C
B joue avec A
C joue avec B

Il est aussi possible de jouer par couples. Dans ce cas, chaque couple joue à tour de rôle, comme dans la version à deux joueurs ; et le gage décidé par le hasard est exécuté simultanément, en parallèle, par les deux membres du premier couple sur les deux membres du second couple. Tu peux aussi imaginer d'autres combinaisons si tu préfères.

Amuse-toi bien !

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Reebok

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La surprise

De nos jours, personne n’imagine rencontrer un mec sans avoir vu sa bite avant. Point de salut sur GrindR ou sur Hornet si tu n’as pas au moins une photo privée sur ton profil ; quoi, avec ton smartphone de quarante-et-un méga-pixels dernier cri, tu ne peux même pas m’envoyer des pics de ta queue ? Ou une vidéo de ta dernière éjac’ ? NEEEEEXT !

Cette évolution dans les mentalités est bien dommage parce que justement, je tiens la seconde où l’on découvre la bite d’un partenaire encore inconnu comme le meilleur moment du sexe. Donc autant le faire en live plutôt que par écran interposé… C’est que j’aime bien glisser une main dans un pantalon sans savoir ce que je vais y trouver, jouer avec la chose, la sentir gonfler à travers le boxer ou le slip, glisser un doigt jusqu’à la zone très sensible qui se trouve entre la cuisse et les couilles, faire courir ma langue sur la toile de coton tout autour du gland, renifler l’odeur imprégnée dans le tissu, bref, retarder le plus possible l’instant où je vais ôter ce fichu sous-vêtement et découvrir de visu ce qui s’y cache.

Surprise !

Parfois bonne, parfois mauvaise, la surprise. Je me rappelle de ce maître-nageur au corps absolument parfait qui s’avéra souffrir d’un micro-pénis. Je me rappelle de ce flic innocent qui trimballait une matraque énorme dans son caleçon. Je me rappelle de tous ces garçons circoncis. Je me rappelle de tous ces garçons non-circoncis. De ceux dont le gland se découvre largement et de ceux dont le prépuce est trop étroit. De ceux qui bandent droit, de ceux qui bandent en biais, à gauche, à droite, vers le haut ou vers le bas. De ceux qui l’ont courte et épaisse comme de ceux qui l’ont longue et fine. Si la surprise est bonne, tant mieux, ça décuple l’excitation de la boîte à fantasme qu’on a dans le crâne ; sinon tant pis, on sait qu’on passera un bon moment quand même, parce que déballer le cadeau aura été au moins aussi amusant que le cadeau lui-même.

Mais que cette petite confession ne te dissuade pas de m’envoyer des sextos ! C’est juste que maintenant, tu sais que je serai plus sensible à un boxer déformé par une grosse érection ou à un gland qui dépasse d’un jean dans la pénombre, qu’à une photo de bite franche et directe…

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Action

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Le déni (suite)

Je discutais avec lui sur un site de rencontre depuis quelques semaines. Le courant passait bien entre nous, alors quand il m’a dit : « Je suis dans mon lit devant un porno, mes parents ne sont pas là, la maison est vide, tu veux me rejoindre ? », j’ai accepté. Il m’a donné son adresse, m’a dit d’entrer directement, que la porte n'était pas fermée, que le chien n’était pas méchant, que sa chambre se trouvait à l'étage. Trente minutes plus tard, j’étais à poil sous sa couette devant un porno des pays de l’Est.

Alors que mes mains découvraient de jolis abdos imberbes, il me glissa : « Dis donc, le temps que tu arrives, j’ai discuté avec un autre mec et je lui ai dit de venir aussi, ça ne t’embête pas ? » Oh ben non, au contraire, tu penses. Une dizaine de minutes plus tard, nous nous serrions à trois dans le lit. À l'écran, un blondinet avec une queue énorme se faisait démonter par un autre minet dans une usine désaffectée.

Monsieur n°3 et moi avons caressé, embrassé, massé, branlé, sucé notre hôte pendant toute la durée du film, qu'il continuait à mater du coin de l'œil. Après une heure et demi de nos petites attentions et malgré toute l'aide des studios EuroCreme, il n'avait toujours pas joui. Certains mecs sont endurants, mais là, on commençait tout de même à se lasser un peu… D'autant plus qu'il n'exprimait rien, ni plaisir, ni déplaisir, ni encouragement, ni demande particulière. (Les mecs qui ne gémissent pas quand on les suce, cette plaie infernale.) Quand soudain il nous repoussa et déclara : « Non mais les gars, arrêtez, je n'y arriverai pas. Le problème c'est que je suis hétéro, en fait. »

Un hétéro qui traine sur des sites de rencontres entre hommes pour inviter deux mecs dans son lit à regarder un porno gay. Oui, bien sûr, tout à fait logique. Ça m’attriste tellement ces garçons à la sexualité insatisfaite parce qu’ils découvrent soudain qu’ils sont ce qu’on leur a appris à détester…

Après un coup pareil, Monsieur n°3 et moi nous sommes rhabillés quelque peu frustrés. Je lui ai proposé d'aller chez moi pour terminer la soirée entre nous. Il a accepté. Deux heures plus tard, nous nagions dans les endorphines, les capotes usagées et les flacons de lubrifiant vides. Un petit plaisir simple, direct, efficace. Auquel je n’aurais pas pu accéder dix ans plus tôt.

Parce que dix ans avant cette histoire, c’est moi qui étais dans le déni.

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